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Le rôle des agents de service hospitalier

20 novembre 2020 |

Actu MNH

Je m’appelle Mélanie et je désinfecte les chambres d’oncologie depuis plusieurs années. J’aime mon métier : pour moi ce n’est pas que du ménage. Les patients m’ont appris à apprécier le simple fait d’être en vie. Je vois la beauté partout et j’ai toujours une pensée pour les patients quand j’ose me plaindre pour pas grand-chose.

Une matinée, j’entends une collègue aide-soignante parler du coronavirus et les inquiétudes commencent à être présente dans le service quand on apprend qu’un hôpital a été construit en 10 jours en Chine suite à cela. Je ne suis pas de nature à m’inquiéter et ne regardant pas la télévision, je continue ma vie sans trop d’appréhension.

Le discours de notre Président avec les nombreux « nous sommes en guerres » vient me donner mes premiers frissons. Je ne sais plus si je rêve ou si je suis dans la réalité. J’ai l’impression d’être coincée dans un film de science-fiction. Je vis en colocation et j’ai l’appréhension d’être mise dehors. Je vois l’angoisse dans le regard des gens dehors et j’ai peur d’être vue comme une pestiférée. Je ne prononcerai plus jamais les mots « je travaille à l’hôpital » pendant ces mois de confinement. J’ai peur pour ma mère, je sais que je ne pourrai plus la prendre dans mes bras pendant quelques temps alors je lui envoie des fleurs à domicile pour lui donner un peu d’amour.

La peur s’est évaporée peu à peu, quand j’ai vu que l’hôpital de Chambéry gérait très bien la situation. Les réunions ont permis de me rassurer mais je sentais l’angoisse très présente dans l’hôpital, c’était une ambiance très lourde. Malgré tout j’ai vu des choses positives, Pour la première fois de ma vie les gens me disaient que mon métier était très important, je n’étais plus simplement une femme de ménage, j’étais celle qui tuait le coronavirus grâce à mes lavettes. Je rentrais dans la chambre des patients et certaines familles en visio me remerciait et me disait que j’étais très courageuse. J’étais très émue. Parfois en sortant de l’hôpital des passants me disaient merci. J’ai ressenti une vague d’amour qui m’a fait un bien fou. J’étais quand même triste pour les patients qui ne pouvaient plus recevoir la visite de leur famille. Un proche a fait un AVC, chaque après-midi je passais en neurologie pour que sa femme puisse le voir en visio. C’était très dur mais j’ai vu un énorme élan de solidarité envers les soignants et non soignants qui m’a redonné quelque peu espoir en l’humanité.

Mélanie, agent de service hospitalier

Illustration issue du livre d’art « Entre nos mains : le monde hospitalier engagé », édité par la MNH : https://entrenosmains.mnh.fr

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