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À la fin de l'été, on estimait à 32 000 le nombre de professionnels de santé déjà contaminés

2 novembre 2020 |

En direct de l'hôpital

Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée*
« L’urgence nous a contraint à dépasser les carcans administratifs et statutaires, préservons cet acquis majeur ! »

En quelques jours, nous avons déprogrammé toutes nos opérations chirurgicales pour répondre à l’urgence. Plus de 800 000 interventions ont été annulées entre le début de la phase épidémique et la fin du confinement libérant 4000 places de réanimation et soins intensifs. En Île-de-France et Pays de la Loire, un patient en réanimation sur quatre a été hospitalisé dans établissement privé. 

Les coopérations ont-elles été suffisantes ?
Après des débuts difficiles dans le Grand Est où nous n’avons pas été assez sollicités, les coopérations avec le public se sont mises en place de façon très positive sur le reste du territoire, en fonction des besoins. Lorsque les ARS exercent une régulation pertinente et impartiale, l’organisation est performante comme cela a été le cas en Île-de-France ou en Occitanie, où l’ARS a su associer avec pragmatisme tous les acteurs hospitaliers. Les coopérations qui ont fonctionné pendant la crise doivent se poursuivre. Elles ont été saluées par le Président de la République comme l’une des victoires de notre système de santé face à l’épidémie. L’urgence nous a contraints à dépasser les carcans administratifs et statutaires, préservons cet acquis majeur !

Que retenir de cette gestion de la crise ?
L’approvisionnement des professionnels en équipements de protection individuelle est un enjeu majeur qui doit être amélioré. La transparence doit être totale sur les stocks et les circuits de distribution aux professionnels doivent devenir plus fluides. De même, nous devons lutter massivement contre le renoncement aux soins. 67 % des Français ont confié avoir renoncé à se rendre chez le médecin ou un établissement de santé pendant le confinement (sondage Viavoice FHP). L’impact sanitaire de ces renoncements est dramatique. Nous devons rassurer davantage les patients en communiquant de façon proactive. Demain, n’attendons pas que l’épidémie soit à un stade critique pour impliquer tous les acteurs de santé ! Notre mobilisation en 48 h pendant la crise, la prise en charge massive de patients en réanimation, médecine ou soins de suite dans nos services, ont démontré que nous étions tout à fait prêts pour participer dès les premiers stades à la gestion de l’épidémie.

Quel message adressez-vous aux soignants ?
Je souhaite d’abord les remercier pour leur engagement exceptionnel. Leur mobilisation, dans des conditions parfois très difficiles, a permis de sauver des vies et de faire tenir notre système de santé. Cette crise a également fait prendre conscience aux Français et à nos responsables politiques de l’importance du secteur de la santé, jusqu’ici très malmené avec, jusqu’en 2018, dix années consécutives de baisses des budgets. Les récentes décisions issues du Ségur de la Santé ont permis de revaloriser les parcours et carrières sanitaires. Nous serons vigilants pour que l’effort se poursuive et que l’on renonce définitivement à une approche comptable des enjeux de santé.

*La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) rassemble les cliniques et hôpitaux privés

Propos recueillis par Suzanne Nemo

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