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Des Clowns Stéthoscopes très attendus

25 novembre 2020 |

Solidarité

À Bordeaux, l’association Les Clowns Stéthoscopes a repris ses activités dès juillet dans les Ehpad, malgré la crise sanitaire, parce que le rire contribue à prendre soin de ces aînés et fait du bien aussi aux soignants.

Un sourire, une résidente qui tend la main… Ces petits gestes signifient beaucoup pour Les Clowns Stéthoscopes, l’association de clowns professionnels qui a repris ses activités en présentiel dans les Ehpad dès cet été, après quatre mois d’absence.

Co-construite avec le personnel soignant, dans le cadre d’un appel à projets de l’Agence régionale de santé (ARS), leur action s’inscrit bien dans « le registre du soin et non de l’animation », insiste Stéphanie Vissière, alias Bertille, clown référente de l’Ehpad Manon-Cormier, à Bègles, aux portes de la capitale girondine.

« Notre rôle consiste à rompre l’isolement social, l’isolement dans la maladie. On tente de remettre en jeu les capacités existantes de chacun. » Si, en temps normal, les clowns évoluent dans le registre de l’émotionnel, du relationnel, de la communication non verbale en totale improvisation, cela est d’autant plus vrai aujourd’hui dans le contexte de la crise sanitaire. Car la Covid-19 a accentué le sentiment de solitude chez de nombreux résidents.

Un nouveau protocole d’intervention

Habitués à porter des masques au CHU de Bordeaux, Les Clowns Stéthoscopes ont dû s’adapter au nouveau protocole d’intervention : plus d’accessoires ou presque, douche obligatoire avant d’intervenir, désinfection systématique des mains au gel hydroalcoolique à chaque fois qu’ils touchent un résident et nettoyage de leurs tenues à 60°C après chaque visite.  Si aucun des 97 résidents de l’Ehpad Manon-Cormier n’a été infecté par la Covid-19, le protocole sanitaire n’en reste pas moins rigoureux et « très dur pour les soignants ». Le port du masque compliquant, entre autres, la communication avec ces personnes âgées.

Ce jour-là, Miss Mi et Bitonio se renseignent sur la « météo du jour », comprenez l’état émotionnel des résidents, leur histoire, leur passé. Certains d’entre eux, sur les conseils du personnel soignant et de la psychologue sont dits « ciblés ». Avec eux, qui ont plus besoin de compagnie que d’autres, les clowns échangent systématiquement à chaque visite, qu’ils soient ou non en mesure d’exprimer leur ressenti.


« Une alternative lorsqu’un résident va mal »

À peine arrivée, Miss Mi est alpaguée par une résidente qui lui prend la main pour qu’elle s’assoit à ses côtés. Le groupe chante, se raconte des histoires : les personnes âgées ont l’air heureuses de voir les clowns. La psychologue de l’Ehpad, Angélique Bodet, confirme : « Les clowns ont manqué à tout le monde, résidents, familles et soignants. Même si, pendant le confinement, le lien a été maintenu au travers de cartes postales notamment. Aujourd’hui, les soignants ont intégré les clowns comme une alternative lorsqu’un résident va mal. »

Pour les soignants aussi le retour des clowns est bénéfique. Ils se sentent épaulés lorsque la troupe intervient. Ils constatent immédiatement que les résidents vont mieux, avant et après l’intervention. Lors d’un atelier, les clowns leur ont transmis leur connaissance sur la communication non verbale. Chacun espère désormais la fin, du moins un recul, de l’épidémie afin d’assouplir les conditions de travail des uns et d’accueil des autres.

Coraline Bertrand  

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