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Des avancées sur le front du VIH

24 mars 2021 |

Solidarité

Le 1er décembre dernier, le ministre de la Santé a annoncé l’ouverture courant 2021 de quatre centres pilotes de santé sexuelle. « L’objectif est de réussir à casser la courbe de l’épidémie en raccourcissant les délais de dépistage du VIH et de mise sous traitement, explique Marc Dixneuf, directeur général de l’association Aides. Cette réponse ne peut être apportée que dans le cadre de lieux proposant une approche globale d’accompagnement, de prévention, de dépistage et de soin. »

En 2019, près de 6,2 millions de sérologies ont été réalisées et 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité l’année précédente. En 2019, 26 % des personnes diagnostiquées l’ont été à un stade avancé de la maladie, ce qui les a empêchées de bénéficier d’un traitement précoce. Or la mise sous traitement précoce est un bénéfice de santé pour la personne concernée, mais également pour ses partenaires car une personne sous traitement efficace ne transmet plus le VIH.

Financer la prévention de l’épidémie
En 2016, le ministère de la Santé avait lancé un appel à manifestation d’intérêt. « Le modèle dans ce domaine est le 190 à Paris qui existe depuis 11 ans et accueille tous publics dans un parcours complet de prévention et de soin », explique Marc Dixneuf. Parmi les projets proposés, quatre ont été retenus : deux centres gérés par Aides à Montpellier et à Marseille, un centre lié au Corevih Rhône-Alpes à Lyon et un centre géré par Arcat à Paris. Leur mode de financement relève de l’article 51 de la LFSS 2018 qui permet de débloquer des enveloppes budgétaires dédiées à l’innovation en santé et à l’expérimentation avant mesure de coût-efficacité et reproduction éventuelle à échelle nationale.
« Pour relever le défi de l’épidémie de VIH, les personnes séronégatives qui le souhaitent doivent également pouvoir accéder facilement à la prise de traitements préventifs, appelés PrEP, poursuit le responsable. En effet, cette prise préventive d’antirétroviraux supprime le risque d’infection en cas d’exposition. » Un décret est en cours de publication pour permettre aux médecins de ville de prescrire ces traitements aux usagers qui en ont besoin. Des avancées d’autant plus nécessaires que la pandémie à SARS-CoV-2 a fortement impacté l’activité de dépistage l’an dernier. Une diminution du nombre de dépistages de près de 60 % a été observée entre février et avril 2020, aussi bien pour le VIH que pour les IST bactériennes.

Neijma Lechevallier

Source : Santé Publique France (1er décembre 2020)

 

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