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BIENTÔT 100 % REMBOURSÉ - Bien entendre contre Alzheimer

29 octobre 2020 |

Soigner demain

Plus aucune excuse pour ne pas s’appareiller, c’est désormais prouvé, la perte d’audition non prise en charge accélère chez la personne âgée l’apparition de démences telles que la maladie d’Alzheimer.

Au cours des trente prochaines années, le nombre de personnes atteintes de démence devrait tripler, peut-on lire dans un rapport de l’Organisation mondiale de la santé paru en juin 2019 qui préconise un dépistage auditif, suivi de la fourniture de prothèses auditives aux personnes âgées. L’OMS envisage plusieurs mesures pour prévenir la démence chez le sujet âgé. Parmi celles-ci : le port d’aides auditives en cas de presbyacousie (baisse de l’audition liée à l’âge).

Selon l’INSERM une perte auditive non corrigée accroît de 43 % le risque de tomber dans la dépendance.

En janvier 2018, l’Inserm présentait une étude portant sur plus de 3 000 patients âgés suivis pendant plusieurs années dans le sud-ouest de la France. Les résultats, publiés dans The Journals of Gerontology, révèlent un risque accru de démence, mais aussi de dépendance et de dépression chez les personnes souffrant de problèmes auditifs. En revanche, aucun de ces surrisques n’a été relevé chez les sujets appareillés. Problème : les réticences à porter des aides auditives restent puissantes, mues par un frein psychologique mais aussi par un souci financier.

« Le déficit auditif est le premier facteur modifiable pour prévenir la démence. » The lancet, juillet 2017

Avant 2019, le « reste à charge » à payer par les patients était en moyenne de 850 € par oreille. Aussi, en juin 2018, le gouvernement a mis en place la réforme du « 100 % santé », valable en audiologie, en dentaire et en optique. En audiologie, selon le ministère de la Santé, « l’objectif est de se rapprocher de 50 % de personnes souffrant de perte auditive appareillées » - contre 35 % seulement aujourd’hui. La réforme, qui s’est déployée par étapes à partir de 2019, sera totalement mise en œuvre au 1er janvier 2021. Tout patient qui consultera un audioprothésiste avec une ordonnance pour un appareillage se verra proposer une aide auditive de moyenne gamme (« classe I ») au prix maximum de 950 euros par oreille, qui sera intégralement pris en charge par la Sécurité sociale et par la mutuelle.

En France 35 % seulement des 3 millions de personnes susceptibles d’être appareillées le sont. Un taux inférieur aux autres pays européens.

L’audioprothésiste pourra aussi proposer un appareil plus sophistiqué (« classe II »), à un prix maximal de 1 700 euros par oreille ; le patient aura alors un reste à charge, variable selon les mutuelles.
« Pour la classe I, des aides auditives de qualité sont proposées, et non pas du low cost, souligne Luis Godinho, président du syndicat des audioprothésistes (SDA). C’est une classe qualitative, sans fioritures mais avec l’essentiel ». Ce que confirme une étude comparative menée par le magazine Que choisir dans son numéro de mars 2020.
La réforme du «100 % santé » va donc lever le frein financier. Ce qui est déjà un grand pas en avant pour retarder voire réduire l’apparition de la maladie d’Alzheimer et des autres démences liées à l’âge.

Nathalie Da Cruz

Alertes ! Je consulte
Si vous souffrez de presbyacousie, plusieurs signes peuvent apparaître et doivent vous inciter à consulter un ORL ou un audioprothésiste pour réaliser un bilan auditif :

  • Je fais de plus en plus répéter mon entourage.
  • J’ai du mal à suivre les conversations en réunion ou lors des repas de famille.
  • Je ressens une sensation de gêne lorsque je suis confronté.e à des bruits intenses (la baisse d’audition s’accompagne souvent d’hypersensibilité au bruit).
  • Je suis obligé.e d’augmenter le volume de la télévision.
  • Je me sens souvent triste, je suis plus facilement irritable.

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